
À Kinshasa, les autorités locales tentent une nouvelle fois de libérer les abords de la Route nationale n°1, au niveau du marché de Matadi Kibala, dans la commune de Mont Ngafula. Une campagne de sensibilisation baptisée « Kanga vendeurs et vendeuses » a été lancée par l’administration du marché Camp PM pour encourager les commerçants à abandonner la voie publique, jugée dangereuse.
L’initiative intervient quelques jours après un accident qui a coûté la vie à six personnes, dont plusieurs vendeurs installés sur la chaussée. Ce drame a ravivé les inquiétudes sur la sécurité des commerçants et des usagers dans cette zone souvent encombrée.
Ce lundi, Danny Kwete, administrateur du marché, a rencontré les représentants des vendeurs pour expliquer le bien-fondé de la démarche. À terme, une opération de déguerpissement forcé est annoncée si la phase de sensibilisation n’aboutit pas.
Mais sur le terrain, les commerçants expriment des réticences. Sylvie, vendeuse depuis plusieurs années à Matadi Kibala, pointe du doigt le manque d’espace et les mauvaises conditions d’hygiène à l’intérieur du marché Camp PM. « Pendant la saison des pluies, les clients ne viennent pas. Le marché est petit et sale. Nous avons besoin d’un endroit plus adapté », dit-elle.
Pour d’autres, comme Ma Mungala, les raisons sont économiques.
« Ce tas de tomates acheté à mille francs peut se vendre à 5 000 francs sur la route. C’est pour ça que beaucoup refusent d’entrer. »
Face à cette résistance, le bourgmestre de Mont Ngafula promet la construction prochaine de marchés modernes afin de proposer des alternatives viables aux vendeurs. Une promesse déjà entendue, mais encore attendue sur le terrain.
LUKEKA KALUME