Affaire Parole Kamizelo | Ses avocats réclament la liberté provisoire

L’interpellation de l’activiste politique Parole Kamizelo, connu sous le pseudonyme « Maîtrisable », continue de susciter de vives réactions dans la capitale congolaise. Arrêté le 6 décembre dernier aux abords de l’Université pédagogique nationale (UPN), l’homme est aujourd’hui au centre d’une controverse mêlant procédure judiciaire, respect des droits fondamentaux et encadrement des libertés d’expression.

Selon plusieurs témoins, Parole Kamizelo aurait été interpellé par des hommes en civil, sans présentation de mandat. Sa défense affirme qu’il a ensuite été détenu pendant plusieurs jours sans accès à un avocat ni à sa famille, une situation que ses avocats qualifient de détention au secret, en violation des dispositions légales en vigueur en République démocratique du Congo.

Les avocats indiquent par ailleurs que leur client aurait été maintenu dans des conditions jugées inhumaines au sein du Conseil national de cyberdéfense (CNC), où son état de santé se serait détérioré. Ils dénoncent une détention arbitraire et estiment que les droits garantis par la Constitution congolaise et les instruments internationaux ratifiés par le pays n’auraient pas été respectés.

Ce n’est que le 26 décembre que Parole Kamizelo a été présenté devant le Parquet de grande instance de Kinshasa/Gombe. Il y est poursuivi pour offense au Chef de l’État et cybercriminalité, des charges vivement contestées par ses proches et ses partisans, qui y voient une tentative de criminalisation de l’opinion critique.

À ce stade de la procédure, la défense réclame une liberté provisoire immédiate, invoquant les irrégularités relevées depuis l’interpellation et la dégradation de l’état de santé de l’activiste. Pour ses avocats, cette affaire dépasse le cas individuel et pose la question plus large du respect des garanties judiciaires et des libertés publiques dans un contexte politique sous tension.

DAN BANZE

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