Prétendu trafic d’organes humains à Kinshasa : “Nous serions complices contre notre population, si nous cachions des crimes qui seraient commis sur notre sol” (Peter Kazadi)

Le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, Peter Kazadi, a déclaré lors d’un briefing conjoint avec ses collègues de la Santé et de la Communication et Médias que l’Etat ce lundi 10 juillet, que le gouvernement et les services de sécurités ne peuvent pas être complices des crimes commis contre sa population et n’a aucun intérêt à cacher quelque crime que ce soit qui serait commis sur notre sol.

Cette communication fait suite aux rumeurs de trafic d’organes qui circulent dans la ville de Kinshasa.

« Ceux qui racontent, ils le disent peut-être pour le plaisir mais les services n’ont pas intérêt du tout à cacher des crimes qui seraient en train d’être commis sur notre sol sinon nous serons complices. Donc nous n’avons jamais enregistré un seul cas où on a emmené une personne amputée d’un organe du corps », a-t-il indiqué.

Et d’ajouter :

« Au niveau des services, nous n’avons jamais rencontré un rapport quelconque qui confirme les cas des transplantations ou trafic d’organes. Nous n’avons jamais reçu un tel cas. Nous sommes à la recherche de cette information. Si cela se fait à Kinshasa ou ailleurs, que les victimes se manifestent pour que nous puissions attester ».

Avant lui, le vice-ministre de la Santé publique, hygiène et prévention, Dr. Olen Obe Nzem Serge, avait aussi dit que ces rumeurs étaient infondées car cette pratique exige des infrastructures et des personnes qualifiées qu’on ne trouve pas dans le pays. Selon lui, les organes prélevés ont en effet une durée de vie très limitée et ne peuvent être conservés que sous des conditions très strictes.

« Je voudrais ici rassurer que c’est une technologie très poussée pour arriver à faire la transplantation d’organes parce que même chez nous ici, on peut avoir des reins mais nous n’avons pas les reins de la même façon. Avant même d’arriver à faire un prélèvement d’organes, il y a une série d’examens. C’est très complexe et ici à Kinshasa, les laboratoires, la conservation pour le faire c’est très difficile. Non seulement ce n’est pas autorisé dans notre pays, mais techniquement, qu’on ne vous trompe pas, ce n’est pas moins de 6 à 12 heures parfois 20 heures. Ce n’est pas quelqu’un qu’on a Kidnappé à 6 heures et à 6 heures 30, il vous dit on m’a retiré un rein. Ce n’est pas possible. Soyez rassurés quant à ce, nous n’avons ni l’expertise ni le plateau technique pour arriver à faire ces transplantations aujourd’hui. Nous espérons les avoir avec l’avenir mais ça demande des années de formation… »

« …Il faut savoir que ces organes qui sont prélevés ont une durée de vie qui est très limitée. Par exemple, quand on retire un cœur, il ne peut survivre que 3 à 4 heures. Quand on retire un foie, il ne peut survivre en dehors du corps que 6 heures. Quand on retire un poumon, c’est 6 à 8 heures. Le rein, c’est un à 2 jours mais ça ne suffit pas. Pour retirer un organe, ce sont des chirurgiens et les équipes entraînées et ça ne prend pas moins de 12 heures. Et au moment où on retire l’organe, on doit le transplanter directement sinon ça ne sert à rien, ça ne va pas survivre »

De plus, le gouvernement a annoncé une série d’actions pour lutter contre l’insécurité grandissante caractérisée par les cas d’enlèvements dans la ville de Kinshasa. Des patrouilles mixtes avec différents services de sécurité seront effectuées, ainsi que des check-points pour traquer les inciviques.

*Placide Lukeka*

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by Rédaction

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