Le Président Tshisekedi baptise un ouvrage de l’homme d’affaires belge G. Forrest : « Un livre de la revanche de l’agriculture sur les mines »

Le Président de la République a baptisé ce mercredi à Kinshasa, l’ouvrage « L’Afrique peut nourrir le monde » de l’entrepreneur belge George Forrest. Une ode à la terre mère.

Félix Tshisekedi n’a pas brandi une houe, mais presque. Ce 14 mai 2025, dans le cadre feutré du Fleuve Congo Hôtel, le Chef de l’État a présidé le vernissage d’un livre au titre aussi vaste que son ambition : L’Afrique peut nourrir le monde.

Signé George Arthur Forrest, capitaine d’industrie aux multiples casquettes, l’ouvrage se veut manifeste pour une révolution agricole. Et le Félix Tshisekedi n’a pas caché son enthousiasme.

« Une sorte de bible », a-t-il dit, pour ceux qui rêvent avec lui d’une revanche des champs sur les mines.

Dans la salle, un parterre de notables, d’intellectuels, de diplomates et d’anciens ministres. Le décor est solennel. Mais le message, lui, est presque subversif. Depuis des décennies, la RDC – comme une bonne partie de l’Afrique – regarde vers ses entrailles pour y puiser son avenir : cobalt, cuivre, or. Forrest, lui, invite à lever les yeux vers la terre, la vraie, celle qu’on laboure.

« L’agriculture est au cœur de la vie », a-t-il martelé, prônant une souveraineté alimentaire encore trop lointaine.

Entre les lignes, une critique : celle d’un modèle économique extractiviste qui a trop longtemps négligé les paysans. Tshisekedi lui-même le reconnaît :

« Ce livre est une contribution importante pour faire la revanche de l’agriculture sur les mines ».

Une petite phrase qui en dit long sur la volonté présidentielle de rééquilibrer les priorités. Encore faut-il que les politiques suivent.

C’est tout l’enjeu de ce « culte en forme de livre », comme l’a joliment décrit le poète sénégalais Amidou Sall. Ce dernier y voit « un hymne pour une Afrique debout, souveraine et conquérante ». Les mots sont beaux, l’enjeu immense. Car en Afrique, continent pourtant fertile, les importations alimentaires explosent. Une aberration que Forrest entend dénoncer, chiffres et visions à l’appui.

George Forrest n’est pas un inconnu. En RDC, son nom est lié à une myriade d’activités : énergies renouvelables, aviation, métallurgie, élevage… À la tête d’un empire tentaculaire (Congo Energy, Malta Forrest, Katongola, etc.), il se mue ici en écrivain engagé, presque militant. Le pari peut surprendre, mais il a le mérite d’exister.

 

LUKEKA KALUME

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