RDC | Le ministre Doudou Fwamba face au défi social d’une DGI réclamant 100 millions de dollars de primes

Le climat social s’alourdit dangereusement dans les couloirs de la Direction Générale des Impôts (DGI) à Kinshasa, où les agents exigent le versement de primes et d’avantages financiers dépassant les 100 millions de dollars. Ce bras de fer repose sur des bonus liés aux plus-values de recettes réalisées entre 2021 et 2024, une période de performances fiscales records qui, selon les syndicats, n’a pas encore profité à ceux qui les ont générées.

« L’exigence de responsabilité s’impose à tous les niveaux pour préserver la stabilité administrative », confie une source proche du dossier, alors que la grogne commence à fragiliser la chaîne de mobilisation des recettes publiques.

Au cœur de la tourmente, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, se retrouve la cible directe des critiques des agents qui dénoncent une lenteur dans le traitement de leurs droits acquis. Les modalités et le calendrier de paiement de ces sommes colossales soulèvent des interrogations techniques complexes, dans un contexte budgétaire national déjà sous haute tension.

« Il devient essentiel de privilégier le dialogue institutionnel et la transparence pour assurer la continuité du service public », souligne-t-on au ministère, où l’on tente de désamorcer une grève qui paralyserait les régies financières.

Cette crise n’est pas une première : elle rappelle les tensions de 2022 où des promesses similaires de rétrocommissions avaient déjà fait vaciller la direction de la DGI. L’État congolais se trouve aujourd’hui face à un équilibre précaire entre le respect des engagements contractuels envers ses fonctionnaires et la nécessité de financer l’effort de guerre à l’Est du pays.

« Garantir l’ordre public et respecter les droits légitimes des agents est un défi de cohésion nationale », martèlent les observateurs économiques, qui craignent qu’un pourrissement de la situation n’impacte durablement le climat des affaires.

Désormais la capacité du gouvernement à proposer un échéancier de paiement crédible lors des prochaines négociations paritaires prévues à la fin du trimestre dessinera son avenir. Si le dialogue échoue, la DGI pourrait connaître une zone de turbulences majeure, mettant à mal les objectifs de recettes fixés par le Fonds Monétaire International (FMI) pour l’exercice en cours. La résolution de ce conflit sera le véritable test de leadership pour Doudou Fwamba, dont la gestion de la « paix sociale » dans les régies financières déterminera la solidité des finances publiques pour les années à venir.

Willy Ulengu Samuanda

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