Kinshasa | Plus de 80 journalistes et acteurs des médias, dont 46 femmes, formés par la MONUSCO pour promouvoir un journalisme inclusif au service de la paix

Plus de 80 professionnels des médias, dont 46 femmes, ont été formés et brevetés à l’issue de la première édition du Média Lab consacré au « Journalisme inclusif pour l’intégration de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité dans les récits médiatiques en RDC », organisée par la Section Genre de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Les travaux se sont déroulés les 24 et 25 juin 2026 au complexe Utexafrica à Kinshasa.

Pendant 48 heures, rédacteurs en chef, journalistes, chroniqueurs, responsables de médias numériques, influenceurs et acteurs de la société civile ont échangé sur les enjeux liés aux agendas Femmes, Paix et Sécurité (FPS) ainsi que Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS).

« Un journalisme inclusif est un levier essentiel pour construire une paix durable », a été l’un des messages forts portés au cours de ces assises.

Organisé par la Section Genre de la MONUSCO, en collaboration avec la Division de la communication stratégique et de l’information publique, des agences du système des Nations Unies, des médias partenaires et des organisations de la société civile, ce laboratoire visait à renforcer les capacités des professionnels des médias afin d’améliorer la couverture des questions de paix, de sécurité et de cohésion sociale en République démocratique du Congo.

Dans son intervention introductive, David Fundi, représentant de la MONUSCO, a relevé que la couverture médiatique des crises congolaises demeure souvent incomplète.

« Il est impératif de repenser le lien entre les médias et les thématiques de paix et d’inclusion », a-t-il souligné, estimant que les questions liées aux femmes et aux jeunes restent encore marginalisées dans le traitement de l’actualité politique et sécuritaire.

Ouvrant officiellement les travaux, Mireille Laurier Affam Ndzié, cheffe de la Section Genre de la MONUSCO, a rappelé la responsabilité des médias dans la construction des perceptions collectives.

« Vous n’êtes pas de simples observateurs. Vous êtes des acteurs déterminants », a-t-elle déclaré. Selon elle, les initiatives portées par les femmes et les jeunes dans la prévention des conflits, la médiation communautaire et la consolidation de la paix méritent une visibilité plus importante dans l’espace médiatique national.

La responsable onusienne a également insisté sur l’importance d’intégrer les principes de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies dans le traitement de l’information.

« Une information qui ignore la moitié de la population ne peut prétendre ni à l’exhaustivité ni à l’exactitude », a-t-elle affirmé, rappelant que l’approche genre constitue avant tout un impératif de qualité journalistique.

Les participants ont bénéficié de sessions consacrées à l’éthique journalistique, à l’analyse des enjeux sécuritaires sous l’angle de l’inclusion, aux techniques narratives innovantes ainsi qu’à la production de contenus favorisant les solutions et les initiatives de paix. La deuxième journée a été marquée par des exercices pratiques, des séances de co-coaching et l’élaboration d’une charte en faveur d’un journalisme inclusif et sensible aux questions de paix.

À l’issue de la formation, les organisateurs ont annoncé la mise en place d’un réseau permanent de partage d’informations réunissant journalistes, agences des Nations Unies et organisations de la société civile.

« Le renforcement des synergies est indispensable pour produire des récits plus représentatifs des réalités congolaises », ont estimé plusieurs participants.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts menés depuis plusieurs années en RDC pour renforcer la participation des femmes et des jeunes aux processus de paix, conformément aux engagements internationaux contenus notamment dans la Résolution 1325 sur les Femmes, la Paix et la Sécurité et dans les différentes stratégies nationales de stabilisation. Plusieurs partenaires avaient déjà souligné, lors de précédentes rencontres consacrées à la gouvernance et à la cohésion sociale, la nécessité d’améliorer la représentation des groupes souvent sous-représentés dans les médias.

À travers ce Média Lab, la MONUSCO espère contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de journalistes capables de raconter autrement les réalités congolaises, en mettant davantage en lumière les initiatives locales de paix, les résultats concrets obtenus sur le terrain et les dynamiques positives de transformation sociale. Une ambition qui pourrait, à terme, renforcer la cohésion nationale et soutenir les efforts de stabilisation durable en République démocratique du Congo.

Willy Ulengu Samuanda

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.