Kasaï-Central | Nathalie Kambala publie un guide pour enrayer les violences basées sur le genre à la racine

La Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, célébrée ce 1er mai, a été marquée à Kananga au Kasaï-Central par un événement d’une portée à la fois littéraire et sociale : la présentation officielle du premier ouvrage de Nathalie Kambala Luse, directrice générale de l’ONG FMMDI (Femmes main dans la main pour le développement intégral).

Dans la salle du barreau de la ville, personnalités du monde académique, représentants de la société civile, écrivains et bibliothécaires se sont réunis pour accueillir une œuvre engagée et méthodique : Bâtir la prévention des violences basées sur le genre à la racine.

Pour cette activiste de terrain devenue autrice, il s’agit d’un jalon essentiel dans un combat mené depuis des années dans les écoles, les villages et les communautés ecclésiastiques du centre de la RDC. L’ouvrage, divisé en quatre chapitres et accompagné d’outils pédagogiques (préface, fiche d’animation, avant-propos), se veut avant tout un guide pratique à destination des acteurs locaux.

« Ce livre est le fruit d’un parcours communautaire, d’une conviction forgée au fil des rencontres et des résistances », a confié Nathalie Kambala, visiblement émue.

Son approche repose sur une idée simple mais ambitieuse : pour prévenir efficacement les violences basées sur le genre, il faut en comprendre les racines et déconstruire les normes sociales qui les légitiment. L’autrice identifie six formes de violences – du viol au déni de ressources, en passant par les agressions physiques et psychologiques – et trois causes structurelles : le non-respect des droits humains, l’abus de pouvoir et les inégalités de genre.

Au cœur de sa stratégie : la communication pour le changement de comportement, un outil d’influence sociale qui, selon elle, doit s’enraciner dans l’écoute, la confiance et l’exemplarité des leaders locaux.

« Il ne s’agit pas seulement d’informer, mais de transformer. La prévention est un processus lent, collectif, qui exige l’implication réelle des communautés », martèle-t-elle.

La séance a été présidée par Emmanuel Tudieshi, responsable de la cellule littéraire du Kasaï-Central. L’ouvrage a été baptisé à Kinshasa. Ici, on a confirmé ce baptême de Kinshasa et on a souhaité qu’il soit fécond et se multiplie. Ce dernier a appelé à la diffusion large de l’ouvrage, y compris à Kinshasa, pour qu’il « se multiplie » dans les cercles éducatifs et institutionnels.

 

ANASTASIE MIMBOLO

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