
Elles sont venues nombreuses ce 28 avril 2025, ces femmes rurales de Kinshasa et d’ailleurs, porter haut leurs voix dans un pays où leur présence reste encore marginalisée dans les cercles de pouvoir.
La Journée de réflexion sur la participation des femmes rurales aux processus de paix et à la vie politique organisée par la Section Genre de la MONUSCO, en collaboration avec le ministère du Genre et la société civile congolaise, a été marquée par une série de panels denses et animés.

L’événement s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée Internationale des droits des Femmes qui reconnaît les réalisations sociales, économiques, culturelles et politiques des femmes tout en plaidant pour l’égalité des genres. Madame Martina Berinyuy Ndi, représentant la cheffe de la Section Genre de la MONUSCO, a donné le ton sur ce message :
« Les femmes rurales doivent être vues non comme des bénéficiaires passives, mais comme des actrices incontournables du développement, de la paix et de la gouvernance ».
Elle a salué les avancées récentes – comme la nomination d’une femme Première ministre – tout en déplorant la persistance des inégalités structurelles.


Même son de cloche du côté de Mme Eale Mboyo Philomène, représentante provinciale du ministère du Genre, qui a rappelé les deux thèmes de cette édition 2025 : à l’international, « Pour toutes les femmes du pays : droits, égalité et autonomisation » ; au niveau national, « La Congolaise au centre de toutes les ambitions ». Un slogan assumé comme un appel à revaloriser le rôle stratégique des femmes dans l’ensemble des secteurs de la société.

La FAO, partenaire du ministère de l’Agriculture, a rappelé son protocole d’appui visant à renforcer la résilience des producteurs face aux crises climatiques et économiques pour une paix durable en tenant compte des questions de genre et des facteurs complexes du conflit. Des exemples tel le CODEFER – qui a sécurisé des concessions maraîchères et transformé le pondu en produit de marché – ou de RENAFER – qui distribue des semences aux femmes sinistrées – illustrent des modèles d’autonomisation efficaces.

Au-delà des discours, les recommandations finales font appel à un changement de paradigme, a une responsabilisation partagée entre hommes et femmes dans les prises de décision, au renforcement des compétences en leadership, et au soutien à l’innovation féminine. Il s’agit donc d’un appel à l’action collective pour la participation des femmes rurales dans les processus de paix et à la participation politique en RDC .
ANGE ALOKI DANGA