
Dans la province du Tanganyika, les questions liées au changement climatique ne sont plus seulement l’affaire des experts ou des décideurs. Elles concernent désormais directement les enfants et les jeunes, considérés comme les premières victimes mais aussi comme les principaux acteurs du changement.
C’est dans cette perspective qu’un atelier de sensibilisation et de vulgarisation des résultats de l’analyse du paysage climatique s’est tenu samedi 20 juin au Victoria Palace, réunissant plus de soixante jeunes participants autour des défis environnementaux auxquels fait face la République démocratique du Congo.
Organisée par le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat en partenariat avec l’UNICEF, cette rencontre avait pour objectif de rendre accessibles aux jeunes les conclusions d’une analyse consacrée aux enjeux climatiques, environnementaux, énergétiques et aux risques de catastrophes naturelles.
« Informer les jeunes aujourd’hui, c’est préparer les solutions de demain », ont rappelé plusieurs intervenants au cours des échanges.
Face à la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes observés ces dernières années dans plusieurs provinces du pays, les organisateurs ont insisté sur la nécessité d’intégrer davantage les préoccupations de la jeunesse dans les politiques publiques. Inondations, érosion des sols, déforestation et perturbations des saisons agricoles affectent directement les communautés locales et fragilisent davantage les populations les plus vulnérables.
« La résilience commence par la compréhension des risques », a souligné un participant à l’issue des discussions.
Prenant la parole au nom des services environnementaux de la province, Ahadi Kikuni Jules, chef de bureau de l’Environnement et de l’Aménagement forestier, a salué l’engagement des jeunes et la qualité des échanges. Selon lui, les recommandations formulées au cours de cet atelier ne resteront pas lettre morte.
« Les propositions recueillies contribueront à enrichir le document final de la politique climatique, environnementale et énergétique destiné à renforcer la résilience face aux catastrophes », a-t-il affirmé.
Même son de cloche du côté du ministère de l’Environnement. Pour Ruphin Ngolomba, expert au sein de cette administration, les conclusions de cette analyse constituent un outil d’aide à la décision pour les autorités provinciales.
« Une politique environnementale efficace doit tenir compte des réalités du changement climatique et des attentes des populations concernées », a-t-il expliqué, estimant que cette démarche permettra au gouvernement provincial de mieux anticiper les défis environnementaux futurs.
Au-delà de la sensibilisation, cette initiative traduit une volonté plus large de promouvoir une gouvernance environnementale participative. Les organisateurs considèrent en effet que les jeunes doivent être associés à l’élaboration des politiques publiques relatives au climat, à l’énergie et à la gestion durable des ressources naturelles.
« La lutte contre le changement climatique exige l’implication de toutes les générations », ont insisté plusieurs experts présents.
Cette campagne de vulgarisation ne s’arrêtera pas à cette première étape. Les organisateurs ont annoncé la poursuite des consultations à partir du lundi 22 juin avec d’autres composantes de la société afin d’élargir la participation citoyenne aux enjeux environnementaux. L’objectif est de recueillir davantage de contributions et de renforcer l’appropriation collective des futures orientations climatiques de la province.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité des engagements pris par la République démocratique du Congo en matière de protection de l’environnement et d’adaptation aux changements climatiques. Ces dernières années, les autorités nationales, avec l’appui de partenaires internationaux tels que l’UNICEF et plusieurs agences spécialisées des Nations unies, ont multiplié les programmes de sensibilisation destinés aux communautés locales et aux jeunes.
À l’heure où les effets du dérèglement climatique se font sentir avec une intensité croissante sur le continent africain, les perspectives ouvertes par cette initiative apparaissent particulièrement importantes pour le Tanganyika. La prise en compte des recommandations issues de ces consultations pourrait contribuer à l’élaboration de politiques publiques plus inclusives et mieux adaptées aux réalités locales. Pour les participants, le message est clair : la transition écologique et la résilience climatique ne pourront être durables que si les jeunes, premiers concernés par l’avenir de la planète, occupent une place centrale dans les décisions d’aujourd’hui.
Willy Ulengu Samuanda