Parc national de la Lomami | L’ICCN et ses partenaires renforcent les capacités de 58 éco-gardes pour mieux protéger la biodiversité

La protection de l’un des plus importants sanctuaires de biodiversité de la République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape. Depuis le 5 juin 2026, 58 éco-gardes du Parc national de la Lomami participent à une formation intensive de remise à niveau organisée par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) en partenariat avec la Société Zoologique de Francfort (FZS).

L’initiative se déroule au Centre de Formation et d’Instruction de Dingi avec le soutien financier de la Fondation Rob Walton.

« Renforcer les compétences des hommes et des femmes qui protègent la nature demeure une priorité pour garantir l’avenir des aires protégées », soulignent les responsables du programme.

Cette session de formation, qui a atteint son seizième jour consécutif, vise à doter les éco-gardes de connaissances actualisées et d’outils modernes pour faire face aux défis croissants liés à la conservation.

Durant plusieurs semaines, les participants suivent un programme mêlant enseignements théoriques et exercices pratiques. Les modules abordés portent notamment sur les techniques de patrouille en milieu forestier, l’utilisation des systèmes de navigation GPS, la maîtrise du logiciel SMART destiné à la gestion et au suivi des activités de terrain, ainsi que les méthodes de surveillance écologique des espèces emblématiques du parc.

« Une conservation efficace repose sur des données fiables et des interventions professionnelles », rappellent les formateurs.

Une attention particulière est accordée au suivi du Bonobo et du Lesula, deux espèces rares et emblématiques dont le Parc national de la Lomami constitue l’un des principaux refuges naturels au monde. Les participants sont également sensibilisés au respect des droits humains dans l’exercice de leurs fonctions, une dimension devenue incontournable dans les politiques modernes de conservation.

Cette remise à niveau intervient dans un contexte où les aires protégées congolaises demeurent confrontées à de nombreuses menaces, notamment le braconnage commercial, l’exploitation illégale des ressources naturelles et les pressions exercées sur les écosystèmes forestiers.

« L’efficacité de la conservation dépend largement de la qualité de la réponse apportée sur le terrain », estiment plusieurs experts du secteur environnemental.

Au-delà du renforcement des capacités techniques, cette formation vise également à harmoniser les méthodes d’intervention des équipes et à développer un leadership capable d’assurer la relève au sein des structures de conservation. Les organisateurs espèrent ainsi voir émerger une nouvelle génération d’éco-gardes mieux préparés à relever les défis environnementaux des prochaines décennies.

Créé officiellement en 2016, le Parc national de la Lomami est reconnu pour son exceptionnelle richesse biologique. Situé au cœur du bassin du Congo, il abrite une faune unique comprenant notamment le Bonobo, le Lesula, l’Okapi ainsi que plusieurs espèces endémiques. Cette aire protégée joue également un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique grâce à ses vastes forêts qui contribuent à la séquestration du carbone.

Les responsables du parc saluent la discipline, l’endurance et l’engagement démontrés par les éco-gardes tout au long de cette formation.

« Les éco-gardes constituent la première ligne de défense de notre patrimoine naturel », rappellent-ils, soulignant que leur travail quotidien demeure indispensable à la préservation des écosystèmes congolais.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts entrepris depuis plusieurs années par l’ICCN et ses partenaires pour professionnaliser les équipes de terrain et améliorer la gestion des aires protégées. Des programmes similaires ont déjà été organisés dans plusieurs parcs nationaux du pays afin de renforcer la surveillance, la collecte de données scientifiques et la protection des espèces menacées.

Les acteurs de la conservation misent sur la poursuite des formations spécialisées, le renforcement des équipements et une collaboration accrue avec les communautés locales pour consolider les acquis obtenus sur le terrain. Dans un contexte mondial marqué par l’érosion accélérée de la biodiversité, le Parc national de la Lomami apparaît plus que jamais comme un patrimoine stratégique dont la protection dépend de la compétence, du professionnalisme et de l’engagement de ceux qui en assurent quotidiennement la garde.

 

Willy Ulengu Samuanda

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.