
Ils rêvaient de renverser un président africain depuis les banlieues américaines. Ils se retrouvent aujourd’hui rattrapés par la justice fédérale. Le ministère américain de la Justice a annoncé ce mardi l’inculpation d’un quatrième citoyen américain, Joseph Peter Moesser, arrêté dans l’État américain de l’Utah, pour sa participation présumée à la tentative de coup d’État armé du 19 mai 2024 en République démocratique du Congo.
Le dénommé Joseph Peter Moesser, présenté comme le spécialiste des explosifs du groupe, rejoint ainsi les trois autres inculpés — Marcel Malanga, Benjamin Zalman-Polun et Tyler Thompson Jr. — déjà transférés aux États-Unis après avoir été condamnés à mort en RDC, puis graciés par le Président Félix Tshisekedi.
Selon les autorités américaines, les quatre hommes sont poursuivis pour des chefs d’accusation dignes d’un scénario hollywoodien : conspiration en vue de soutenir une organisation terroriste, utilisation d’armes de destruction massive, attaque de bâtiments gouvernementaux, et tentative d’enlèvement ou d’assassinat à l’étranger. Leur objectif : renverser le président de la République et installer à sa place un gouvernement parallèle baptisé « New Zaïre », dirigé par Christian Malanga, cerveau présumé du putsch, tué lors de l’attaque.
L’assaut armé avait visé deux symboles du pouvoir à Kinshasa : le Palais de la Nation, siège de la présidence, et la résidence de Vital Kamerhe, alors candidat à la tête de l’Assemblée nationale. Bilan : six morts, dont deux policiers et un civil. Une attaque aussi violente que désorganisée, rapidement étouffée par les forces de sécurité.

Condamnés à mort le 27 janvier dernier par la Cour militaire de Kinshasa/Gombe, Marcel Malanga — fils du leader putschiste —, Benjamin Zalman-Polun et Tyler Thompson ont vu leur sort basculer. Le 2 avril, dans la discrétion de la nuit, Félix Tshisekedi leur accorde une grâce présidentielle, commuant leur peine en servitude pénale à perpétuité. Une décision politique autant que diplomatique, facilitée par la coopération entre Kinshasa et l’ambassade américaine.
Les trois graciés ont été rapatriés outre-Atlantique, où les attend une nouvelle procédure judiciaire. D’abord présentés à Brooklyn, ils seront transférés à Salt Lake City, dans l’Utah, pour la suite des audiences. Moesser, quant à lui, doit comparaître ce mercredi 10 avril devant un tribunal fédéral dans le même État.
LUKEKA KALUME