
La cartographie du conflit congolais vient une nouvelle fois de se redessiner, cette fois dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. En quelques jours d’affrontements, les Wazalendo ont infligé un revers cuisant au M23, arrachant au moins douze agglomérations à la rébellion. Une progression éclair menée par une alliance de seigneurs de guerre autoproclamés, au nez et à la barbe de l’armée régulière.
Derrière l’avancée des Wazalendo, trois figures émergent : Bahigi Maguru (APDC/RAD), Kirikicho Marimba (COPACO) et Haguma Mic Mic (MCDPN). Un trio de généraux sans grade mais avec des fusils, qui dictent leur loi sur un terrain devenu champ de ruines.
« Depuis avant-hier, les combats font rage. Les Wazalendo ont repris Lemera, Bushaku 1 et 2, Nyabarongwa, MwamiwaIdjwi, Chizi… », égrène un habitant, joint par Actualité.cd.
Puis, le 9 avril, une poussée fulgurante : Lumbishi, Igali, Bishaka, Shanje, Chambombo, Kafufula, Katale… Autant de localités arrachées aux mains du M23, dans une guerre de collines qui ne dit jamais son nom.
Sur l’axe Lemera-Bugamanda, les tirs ont repris à l’aube. Le M23 tente de reconquérir du terrain. Mais rien ne dit que l’issue lui sera favorable. Les civils, eux, comptent les morts à huis clos, entre rumeurs et déflagrations.
Hasard ou stratégie ? Ces hostilités surviennent juste après la nomination par Kinshasa d’un nouvel administrateur, de son adjoint et du chef de la cité de Minova.