Félix Tshisekedi : « Je vais reprendre nos territoires soit par le dialogue, soit par la reconquête militaire » (New-York Times)

Alors que la République démocratique du Congo (RDC) est en proie à une nouvelle vague de violences dans sa partie Est, le président Félix Tshisekedi hausse le ton contre le Rwanda. Dans une interview accordée au New-York Times, il accuse le président rwandais Paul Kagame d’alimenter le conflit à travers le groupe armé M23, qu’il qualifie de « coquille vide » manipulée par Kigali.

Depuis plusieurs mois, le M23 multiplie les offensives et a pris le contrôle de plusieurs villes stratégiques, dont Goma et Bukavu. Selon les Nations unies et les États-Unis, ce groupe armé, composé d’environ 8 000 combattants, est financé et dirigé par le Rwanda. Kigali, de son côté, nie tout lien avec la rébellion et rejette la responsabilité sur Kinshasa.

Mais pour Tshisekedi, il ne fait aucun doute que le M23 est un outil au service des intérêts économiques du Rwanda.

« En réalité, ils pillent les ressources naturelles du Congo », accuse-t-il.

Le pays regorge en effet de minerais stratégiques comme le coltan et le cobalt, indispensables aux nouvelles technologies.

Actuellement, la Chine domine largement l’exploitation minière en RDC, mais Tshisekedi veut changer la donne. Il a récemment proposé aux États-Unis et à l’Europe d’investir massivement dans ce secteur, espérant que cela renforcera la sécurité et la stabilité du pays. Une stratégie qui vise aussi à contrer l’influence croissante du Rwanda sur le marché des minerais.

Si la communauté internationale dénonce timidement les violences dans l’est du Congo, certaines décisions passent mal à Kinshasa. L’Union européenne a récemment signé un accord avec le Rwanda, lui versant 935 millions de dollars en échange d’un accès privilégié à des minerais comme l’étain, le tungstène et l’or.

Un véritable « scandale » pour Tshisekedi, qui accuse Bruxelles d’être « complice dans le vol et le pillage du Congo ». Face à la pression, le Parlement européen a demandé la suspension de l’accord tant que Kigali ne mettra pas fin à ses ingérences en RDC.

Alors que la situation se tend, les États-Unis ont annoncé des sanctions contre un porte-parole du M23 et un ministre rwandais impliqué dans les violences. Une première mesure qui pourrait être suivie d’actions plus fortes, comme un gel des financements internationaux accordés au Rwanda.

Mais selon plusieurs analystes, les Occidentaux hésitent à aller trop loin. Kagame a su se positionner comme un partenaire clé, notamment en accueillant des événements internationaux prestigieux et en entretenant de bonnes relations avec les grandes puissances.

Tshisekedi, lui, s’impatiente :

« Il me semble que tout le monde a peur de Kagame. Pourquoi ? Cela me surprend. »

Sur le terrain, la guerre continue. Le M23 avance vers Butembo, au nord de Goma, et menace même de marcher sur Kinshasa. Tshisekedi promet de reconquérir les territoires perdus « soit par le dialogue, soit par une reconquête militaire ».

De son côté, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté une résolution demandant le retrait des troupes rwandaises et l’arrêt des hostilités. Mais en l’absence d’une véritable pression sur Kigali, la situation risque de s’enliser.

Pour Tshisekedi, la solution est claire :

« Le seul langage que Kagame comprend, c’est la force. La diplomatie n’est pas dans son ADN. »

Un commentaire sur « Félix Tshisekedi : « Je vais reprendre nos territoires soit par le dialogue, soit par la reconquête militaire » (New-York Times) »

  1. De toutes les façons, la RDC finira par reconquérir son territoire national.
    Que Kagame lise les signes du temps !

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