
Les rideaux tombent sur la session ordinaire de mars à l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK), marquant le début d’un examen de conscience pour les élus de la capitale. Par le communiqué officiel n°019, le Rapporteur André Nkongolo a acté ce lundi la fin des débats en salle pour renvoyer les députés vers leurs bases électorales
« La fin d’une session n’est pas un repos, mais le début d’une immersion nécessaire dans les cris de la population », souligne un analyste parlementaire proche du dossier.
Désormais dépourvus de leurs immunités de salon, les élus ont l’obligation légale de parcourir les 24 communes de la mégapole pour un diagnostic de proximité. Entre l’insécurité galopante, les érosions menaçantes et les coupures d’eau chroniques, le cahier des charges est lourd pour ces représentants qui doivent transformer les doléances en futurs édits.
« Un député qui ne sent pas la poussière de sa commune est un élu qui a perdu sa boussole politique », rappelle-t-on au sein de la société civile.
La question des moyens financiers reste cependant le nerf de la guerre et le point de mire des citoyens kinois. Les indemnités de vacances parlementaires, décaissées par le ministère des Finances, sont strictement destinées à la logistique des descentes sur le terrain et non à un usage personnel.
« La transparence de cette enveloppe est le gage de la crédibilité de notre institution face à des électeurs de plus en plus exigeants », insiste une source à la Questure de l’APK.
Le véritable enjeu se cristallisera lors de la rentrée de septembre 2026, où chaque élu devra justifier ses vacances par un rapport écrit détaillé. Ces documents serviront de base aux futures interpellations des ministres provinciaux, rappelant les engagements non tenus lors des précédentes sessions sur l’assainissement urbain.
« Le rapport de vacances est le seul contrat qui lie encore l’électeur à son élu entre deux sessions », conclut un observateur de la vie politique kinoise.
Willy Ulengu Samuanda