
En République démocratique du Congo, les autorités ont procédé à la récupération de près de 600 titres miniers et de carrières, représentant plus de 31 000 km² de surface, dans le cadre d’une opération d’assainissement du cadastre national. Le rapport, produit par le Cadastre Minier (CAMI) et transmis au ministère des Mines, sera officiellement rendu public le jeudi 7 août.
Cette initiative s’inscrit dans un processus plus large de reprise en main du secteur minier, au cœur de l’économie congolaise. Selon les données consultées, près de 38 000 carrés miniers ont été réintégrés dans le domaine public, dans un contexte de lutte contre la spéculation foncière, l’inactivité des titres et la régularisation des pratiques dans l’industrie extractive.
Le ministère des Mines, qui supervise cette opération, entend à la fois renforcer la gouvernance du secteur et maximiser les retombées économiques pour le pays.
« Ce n’est pas un simple nettoyage administratif, mais une réforme structurelle du mode d’attribution et de gestion des permis », précise une source proche du dossier.
Depuis plusieurs années, le secteur est confronté à des pratiques opaques : détention spéculative de titres, exploitation illégale sous couvert de permis de recherche, défaut de paiement des droits ou encore multiplication de titres inactifs détenus par des personnes physiques ou morales non qualifiées.
En parallèle, les autorités rappellent que moins de 20 % du territoire congolais a fait l’objet d’une exploration géologique sérieuse, alors que la demande mondiale en minerais critiques — cuivre, cobalt, lithium, coltan — ne cesse d’augmenter.
Dans ce contexte, le CAMI a lancé, le 11 juillet dernier, un appel d’offres pour l’acquisition de drones afin d’améliorer la cartographie des sites et la surveillance du territoire minier. Cette modernisation des outils de contrôle s’inscrit dans une stratégie visant à sécuriser les actifs miniers et à prévenir de nouvelles irrégularités.
Sur le plan international, les partenaires étrangers, notamment les États-Unis, suivent de près cette reprise en main du secteur. Washington, qui multiplie les initiatives pour garantir son accès aux chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques, a favorisé la signature d’un protocole d’accord entre la société américaine KoBold Metals, le CAMI et le Service géologique national du Congo pour la numérisation des archives géoscientifiques nationales.