Butembo | 26 décès maternels en deux semaines

Alors que le monde rend hommage aux sages-femmes ce 5 mai, la division provinciale de la santé de Butembo tire la sonnette d’alarme : 26 femmes ont perdu la vie en tentant de donner naissance entre le 17 et le 25 avril 2025. Un chiffre en hausse par rapport à la même période l’an dernier, et qui illustre les défis persistants de la santé maternelle en RDC.

Le contraste est saisissant. Tandis que la Journée internationale de la sage-femme célèbre, ce 5 mai, le rôle essentiel de ces professionnelles dans les contextes de crise, la situation sanitaire à Butembo, dans l’est de la République démocratique du Congo, met en lumière une réalité autrement plus sombre. Vingt-six décès maternels ont été enregistrés en l’espace de seulement neuf jours, selon les données livrées à l’Agence Congolaise de Presse (ACP) par des sources médicales locales.

« Cela signifie que trop de femmes continuent de mourir en voulant donner la vie », déplore Luhavo Mumbere, épidémiologiste au sein de la Division provinciale de la santé antenne de Butembo.

« Cette hausse par rapport à l’année dernière — 25 décès en 2024 à la même période — constitue un échec pour notre système de santé », reconnaît-il.

La situation est d’autant plus préoccupante qu’elle se produit dans un contexte où le gouvernement congolais a mis en œuvre une politique de gratuité de la maternité, censée favoriser l’accès aux soins pour toutes les femmes enceintes. Mais sur le terrain, les défis logistiques, la pénurie de personnel qualifié et l’insécurité persistante dans certaines zones freinent les effets attendus de cette initiative.

Le thème retenu cette année par la Confédération internationale des sages-femmes — « Sages-femmes : indispensables dans chaque crise » — résonne avec force à Butembo, où les praticiennes continuent d’œuvrer en dépit des conditions difficiles. Chaque jour, environ 6 300 nouveau-nés meurent dans le monde, tandis que 5 200 bébés naissent sans vie. Plus de 70 % des décès maternels se concentrent en Afrique subsaharienne, et la majorité d’entre eux surviennent dans des pays affectés par des conflits ou des fragilités institutionnelles.

« Avec votre concours, nous désirons mettre fin à cette contre-performance », insiste Luhavo Mumbere.

Il a aussi appelé à une mobilisation collective pour inverser la tendance. Pour les autorités sanitaires locales, la solution passe par un renforcement du personnel médical, un meilleur accompagnement des sages-femmes, et une amélioration des infrastructures sanitaires.

En attendant, à Butembo comme ailleurs, les sages-femmes continuent de se battre en première ligne, souvent avec peu de moyens, mais avec un engagement sans faille. Car dans une région où donner la vie reste une épreuve à haut risque, leur rôle est plus vital que jamais.

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