Kananga | Faute de production locale, la bière devient un produit de luxe

À l’approche de la Journée internationale de la bière, célébrée le 7 août, les consommateurs de Kananga font face à une hausse marquée des prix. Dans la capitale du Kasaï-Central, une bouteille de 65 centilitres se négocie désormais entre 6 000 et 8 000 francs congolais, sur fond de rareté persistante de l’offre.

Cette situation trouve notamment son origine dans l’arrêt, en 2007, des activités de l’Union des Brasseries Africaines dans la province. Près de vingt ans plus tard, Kananga reste largement dépendante des boissons acheminées depuis le Grand Katanga ou importées d’Angola, avec des coûts de transport qui se répercutent directement sur les prix.

Dans certains débits de boissons, le ralentissement est déjà visible. Au bistrot Canal de Suez, dans la commune de Ndesha, la Nkoyi est proposée à 6 000 francs congolais, tandis que la Tembo atteint 7 500 francs. Des tarifs qui réduisent la fréquentation et compliquent l’écoulement des stocks, selon les tenanciers.

Face à cette flambée, certains consommateurs se rabattent sur des boissons fortement alcoolisées, vendues à moindre coût, notamment le Tshitshiampa. Une évolution qui inquiète les professionnels de santé, lesquels rappellent les risques liés à la consommation excessive de ces produits.

Au-delà des habitudes de consommation, cette hausse révèle surtout la dépendance commerciale de Kananga et les conséquences durables de l’absence d’une production brassicole locale sur les activités des commerçants comme sur le pouvoir d’achat des ménages.

 

ANASTASIE MIMBOLO

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