Kinshasa rend hommage à Emmanuel « Elbas » Manuana | Un géant des arts dramatiques s’en va, laissant un héritage inestimable

La scène artistique congolaise est en deuil. Les obsèques d’Emmanuel Manuana, affectueusement connu sous le nom d’Elbas, comédien et enseignant d’arts dramatiques de renom, ont débuté mercredi soir à l’Institut National des Arts (INA) de Kinshasa. Une veillée empreinte d’émotion et de reconnaissance a marqué le début d’une série d’hommages prévus du 18 au 21 février, réunissant anciens collègues, encadreurs et admirateurs pour célébrer la vie et l’œuvre d’un artiste exceptionnel.

 

Les témoignages recueillis par l’Agence Congolaise de Presse (ACP) dressent le portrait d’un homme d’exception, dont le talent a brillé bien au-delà de la scène. Le dramaturge Alexandre Mwambayi, l’un de ses anciens enseignants à l’INA, a partagé son émotion :

« Sur le plan professionnel, j’ai eu la chance de trouver un étudiant qui ne venait pas simplement pour être formé, mais qui venait aussi pour apprendre à former les autres. »

 

« Cela remonte à plusieurs années en arrière, a poursuivi M. Mwambayi, « lorsque je recevais un groupe d’étudiants qui cherchaient ultérieurement une formation à l’INA.

Parmi eux, un certain Emmanuel Ndosi qui était un homme d’avant-garde, différent de tous les autres chaque fois qu’ils étaient soumis à un exercice. En principe, il ne pouvait plus être formé parce qu’il avait une sorte de talent inné. Ce qu’il lui fallait, c’était plutôt un coaching pour l’aider à développer ce qu’il avait. Ces mots soulignent la vision avant-gardiste d’Elbas, qui ne se contentait pas d’acquérir des compétences, mais aspirait à les transmettre et à inspirer les générations futures.

 

L’engagement d’Emmanuel Manuana envers l’enseignement des arts dramatiques a laissé une empreinte indélébile sur l’INA et sur la scène culturelle congolaise. Sa capacité à former non seulement des acteurs, mais aussi des futurs formateurs, témoigne de sa profonde compréhension de l’importance de pérenniser le savoir-faire artistique. Son passage à l’INA n’était pas seulement celui d’un étudiant, mais celui d’un avant-gardiste, dont le talent naturel était destiné à éclairer et à guider.

La disparition d’Elbas est une perte immense pour la République Démocratique du Congo. Au-delà de ses performances artistiques, c’est son rôle de pédagogue et de transmission qui marque son passage. Il a contribué à façonner une génération d’artistes, leur insufflant la passion, la rigueur et l’amour de leur art.

Alors que Kinshasa se rassemble pour honorer la mémoire d’Emmanuel Manuana, c’est l’ensemble de la nation qui reconnaît la valeur de son héritage. Son œuvre et son enseignement continueront d’inspirer et de guider les artistes congolais, rappelant l’importance vitale des arts dans la construction de l’identité culturelle et l’éveil d’une conscience nationale. Les arts dramatiques, portés par des hommes comme Elbas, sont un miroir de notre société et un moteur essentiel pour le développement de notre pays.

Passy Kabuya

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.