
Kinshasa est en émoi suite aux accusations de faux et usage de faux concernant les diplômes du Directeur Général de l’Académie des Beaux-Arts (ABA), Henri Kalama. Cet établissement prestigieux, fleuron de l’enseignement artistique en République Démocratique du Congo et unique en Afrique centrale, se retrouve au cœur d’une tempête judiciaire qui pourrait ternir son image et soulever des questions sur la gouvernance de ses institutions.
Henri Kalama, à la tête de cette institution publique réputée, est accusé de s’être prévalu d’un doctorat obtenu à la China Academy of Art, une affirmation qui est aujourd’hui remise en question. Face à ces allégations, le DG a déposé une plainte, mais le chemin devant la justice s’annonce semé d’embûches. Il lui incombe désormais la lourde tâche de prouver sa qualité de docteur à thèse, un titre qu’il prétend détenir.
Cependant, la partie adverse soutient avec fermeté que Henri Kalama ne possède aucune thèse, et que cette affaire pourrait se retourner contre lui, l’exposant à une condamnation pour faux et usage de faux. La notoriété publique de son absence de diplôme doctoral est avancée comme un élément clé dans ce dossier. Dans sa démarche judiciaire, Henri Kalama devra également impliquer l’ambassade de Chine et la China Academy of Art, afin de corroborer ses dires et de faire la lumière sur ses études présumées.
L’Académie des Beaux-Arts, en tant qu’institution publique et pilier de la formation artistique en RDC, voit son intégrité et sa crédibilité mises à l’épreuve. Cette affaire soulève des interrogations fondamentales sur les processus de recrutement et de nomination à la tête de nos institutions culturelles et éducatives. La transparence et la rigueur dans la vérification des qualifications sont des principes essentiels pour garantir la confiance du public et le bon fonctionnement de ces organismes. L’issue de ce procès sera sans aucun doute suivie de près par la communauté artistique et éducative congolaise, et potentiellement par les instances internationales concernées par l’enseignement de l’art.
Freddy Millions Mbwebwe