
À quelques pas de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), la localité de Nzengi vit dans l’obscurité, malgré une cabine électrique flambant neuve installée depuis décembre 2023. Le président des notables, François Mukoka, tire la sonnette d’alarme face à l’inertie de la Société Nationale d’Électricité (SNEL) et l’abandon flagrant de l’État.
Nzengi et Luzizila l’une des localités, du quartier Tshibanda situé à proximité du prestigieux Plateau des professeurs ( plateau Cogelos ), est devenu une « poche noire ». Bien qu’une cabine électrique de huit départs ait été promise grâce aux efforts des notables et de l’ancien candidat Mandée Kalubi, elle reste désespérément inactive. La SNEL traîne les pieds pour mettre la cabine sous tension, laissant les habitants dans l’obscurité totale.
L’absence d’éclairage public n’est pas qu’un simple inconfort ; c’est une menace pour la vie. En 2021, un membre de la communauté a été victime d’une agression au crépuscule, perdant un œil au cours de l’attaque. « Comment vivre dans une telle insécurité ? », s’interroge Mukoka, qui déplore le départ de nombreux résidents, contraints d’abandonner leurs parcelles.
La SNEL est aussi critiquée pour son incapacité à faire face aux catastrophes naturelles. La parcelle où se trouve la cabine est menacée par une érosion galopante. Alors que les notables réclament un mur de soutènement, la SNEL se contente de poser des sacs de sable, une solution jugée « temporaire et inefficace ».
Le calvaire de Nzengi ne s’arrête pas là. Un devis de 285 000 USD pour l’aménagement d’une route de 5 km a été soumis au ministère des Infrastructures, mais les fonds n’ont jamais été débloqués. La route vers Luzizila est désormais un véritable ravin, isolant encore plus la population de Kinshasa.
La localité Nzengi illustre un paradoxe : alors que la République Démocratique du Congo possède un potentiel hydroélectrique impressionnant, l’accès à l’électricité y est dérisoire. Avec 13 % du potentiel hydroélectrique mondial, le pays reste l’un des plus mal desservis en matière d’électricité, avec un taux d’accès d’environ 15 %.
Face à cette situation désespérée, François Mukoka lance un appel direct au Président de la République. Invoquant le slogan « Le Peuple d’Abord », il demande la mise en service immédiate de la cabine, la construction d’un mur de protection, et le financement des travaux de voirie.




Par Willy Ulengu Samuanda