
Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a averti le Rwanda qu’en prenant part à l’invasion de la République Démocratique du Congo (RDC), il mettait en péril un milliard de dollars d’aide internationale. Cette déclaration a été faite lors d’un appel téléphonique avec le président rwandais Paul Kagame, après une escalade du conflit.
Le Royaume-Uni, comme d’autres pays, a exprimé ses préoccupations, le gouvernement rwandais recevant plus d’un milliard de dollars d’aide chaque année, dont environ 32 millions de livres sterling d’assistance bilatérale du Royaume-Uni. Lammy a précisé que « tout cela est menacé » si le Rwanda attaque ses voisins et qu’il est inacceptable que des pays remettent en cause l’intégrité territoriale des autres.
Cette position marque un changement significatif par rapport à la politique britannique plus favorable du passé, où des figures comme Tony Blair soutenaient activement Kagame, en raison de son rôle dans la fin du génocide rwandais et sa gestion des problèmes de santé.
Cependant, les récents événements ont exacerbé la situation. Les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda ont récemment pris la ville de Goma, dans la province du Nord-Kivu, ce qui a intensifié un conflit qui dure depuis des années et a causé des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés.
La RDC, l’ONU et plusieurs pays, dont les États-Unis, accusent le Rwanda de soutenir ce groupe rebelle en envoyant ses troupes et en fournissant des armes lourdes. Ce soutien militaire semble avoir facilité la prise de Goma par les M23, et Lammy a souligné qu’il est clair que ces rebelles ne pouvaient pas avoir pris la ville sans un soutien matériel des forces de défense rwandaises.

Le Rwanda a longtemps nié son implication directe, mais les preuves sont de plus en plus claires. En outre, les accusations de lavage criminel des ressources naturelles de la RDC, principalement des minerais précieux, comme le coltan et le tungstène, émergent. Ces ressources, souvent extraites illégalement, sont transportées vers le Rwanda, où elles contribuent à l’enrichissement du pays.
L’accord entre le Royaume-Uni et le Rwanda, qui permet d’envoyer des demandeurs d’asile au Rwanda, a également ajouté une dimension complexe à cette situation géopolitique. Tandis que le Rwanda s’est vu désigné comme un « pays sûr » pour les réfugiés, le Royaume-Uni continue de fermer les yeux sur son bilan en matière de droits de l’homme, préférant se concentrer sur les aspects pratiques de l’accord. Toutefois, la guerre en RDC et l’impact sur la stabilité régionale risquent de remettre en question cette relation.
Face à ces tensions, il est probable que les relations entre le Royaume-Uni et le Rwanda se détériorent davantage si Kigali ne répond pas positivement aux appels internationaux pour se retirer de Goma. Les critiques envers la politique rwandaise se renforcent et le monde observe désormais de près les évolutions de ce conflit complexe en Afrique centrale.
LUKEKA KALUME