
L’homme d’affaires israélien Dan Gertler, figure centrale du secteur minier en RDC, a reconnu avoir versé des paiements à Augustin Katumba Mwanke, proche de l’ex-président Joseph Kabila. Une révélation explosive qui remet en question la transparence des opérations minières congolaises.
C’est une déclaration qui résonne comme un aveu. Dans une décision d’arbitrage d’avril 2024, consultée par la Plateforme de Protection des Lanceurs d’Alerte en Afrique, Dan Gertler a admis avoir partagé la moitié de ses actifs avec Augustin Katumba Mwanke, influent conseiller du régime Kabila. « Tout ce que j’avais, la moitié était à lui », a-t-il confié.
La relation entre les deux hommes, longtemps évoquée mais rarement documentée, éclaire les dynamiques opaques ayant structuré l’attribution de contrats miniers en RDC durant les années Kabila. Gertler, qui reste un acteur controversé dans les cercles économiques et diplomatiques, conserve une influence notable, notamment à la MIBA (Minière de Bakwanga), où il se dit encore « roi ».
L’affaire ravive les critiques sur les pratiques de favoritisme, de conflits d’intérêts et de corruption dans le secteur extractif congolais. La MIBA, entreprise minière publique censée représenter l’intérêt national, apparaît comme l’épicentre de relations troubles entre milieux d’affaires étrangers et élites politiques locales.
La mention explicite d’Augustin Katumba, figure disparue en 2012 mais toujours emblématique du système Kabila, jette une lumière crue sur les arrangements financiers de l’époque. Les propos de Gertler semblent confirmer ce que de nombreux analystes et ONG dénoncent depuis plus d’une décennie : l’existence d’un système parallèle de redistribution des ressources minières au profit d’un cercle restreint.
DAN BANZE