
L’ancien président Joseph Kabila est attendu, ce vendredi 25 juillet à Kinshasa, devant la Haute Cour militaire. L’instruction s’ouvre sur fond de tensions politiques, autour d’accusations lourdes : trahison, crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, participation à un mouvement insurrectionnel, homicide, viol, torture et déportation.
Selon l’extrait de rôle consulté, les poursuites ont été engagées par l’auditeur général des FARDC, près de deux mois après la levée des immunités parlementaires de Kabila, aujourd’hui sénateur à vie. L’Auditorat précise que les faits reprochés concernent son statut actuel, et non la période où il dirigeait le pays (2001–2019).
La procédure a été enclenchée après des déclarations du président Félix Tshisekedi, mettant en cause son prédécesseur pour des liens présumés avec le M23, groupe rebelle actif dans l’Est de la RDC et soutenu par Kigali, selon Kinshasa. Ces déclarations ont été suivies d’un réquisitoire transmis au Sénat, visant des crimes présumés commis dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Le 20 mai, une audition à huis clos de l’auditeur militaire a été organisée au Sénat, suivie d’un vote le 23 mai autorisant à la majorité la levée de l’immunité parlementaire de Joseph Kabila. Ce dernier, en séjour prolongé à l’étranger, n’a pas répondu aux convocations de la justice.
Depuis l’extérieur, l’ancien chef de l’État dénonce une « instrumentalisation de la justice à des fins politiques » et a annoncé son retour prochain. Il mène actuellement des consultations dans l’Est du pays, où il conserve une assise politique significative.
L’ouverture du procès marque une étape inédite dans l’histoire politique congolaise : jamais un ancien chef d’État n’avait été ainsi traduit devant une juridiction militaire. Ses partisans parlent de chasse aux sorcières ; les autorités judiciaires, elles, assurent qu’il s’agit d’un processus respectueux de l’État de droit.