
La scène a de quoi marquer les esprits : une vidéo virale montre des combattants Wazalendo en liesse au Rond-point Chui, en plein centre de Walikale. Depuis la matinée de ce mercredi 2 avril, les résistants patriotes ont chassé du territoire les éléments de l’AFC/M23, épaulés par l’armée rwandaise. Une première victoire de taille, célébrée comme il se doit.
Le député national Willy Mishiki, figure clé des Wazalendo dans la province, ne cache pas sa satisfaction. Interrogé par les médias, il souligne l’ampleur de l’événement :
« C’est la première fois que l’AFC/M23 est mis en déroute depuis la dégradation de la situation dans l’Est ».
Selon lui, la pression exercée par les Wazalendo a contraint la coalition AFC/M23/RDF à quitter Walikale au petit matin du mardi 1er avril, fuyant par l’axe Masisi-Goma après avoir perdu hommes et matériel.
Une victoire, mais après ?
Alors que le gouvernement multiplie les annonces de soutien aux forces loyalistes, Willy Mishiki appelle à des actions concrètes pour pérenniser ce succès.
« Il faut commencer à payer les Wazalendo », insiste-t-il.
La crainte ? Que ces combattants, qui se battent sans solde alors que les militaires et policiers voient la leur doublée, ne se démobilisent par frustration.
L’élu de Walikale va plus loin : pour éviter toute confusion et structurer le mouvement, il réclame l’identification des combattants.
« Nous sommes prêts à le faire, pour savoir combien ils sont et leur donner les moyens nécessaires », affirme-t-il.
Il préconise aussi que les Wazalendo mènent des opérations distinctes de l’armée régulière, selon leurs propres méthodes.
Walikale était sous contrôle de l’AFC/M23 depuis le 19 mars, avec le soutien du Rwanda. Officiellement, la coalition rebelle s’était engagée à quitter la localité en vertu d’un cessez-le-feu conclu à Doha entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame. Un engagement vidé de son sens à peine 48 heures plus tard, quand l’armée congolaise a constaté un renforcement en troupes et en logistique des rebelles.
Aujourd’hui, si la victoire des Wazalendo est indéniable, l’avenir reste incertain. Le M23 et ses alliés rwandais se replieront-ils pour mieux frapper ailleurs ? Kinshasa entendra-t-il les appels pressants à soutenir les résistants locaux ? En attendant, sur les réseaux sociaux, les images de Walikale libérée tournent en boucle, rappelant que, pour la première fois depuis des mois, la peur a changé de camp.
LUKEKA KALUME