RDC | Greenpeace Afrique mobilise neuf villes de Kinshasa à Lubumbashi pour sensibiliser les populations à la justice climatique

La lutte contre le changement climatique ne se joue plus uniquement dans les grandes conférences internationales. En République démocratique du Congo, Greenpeace Afrique a choisi de porter le débat au plus près des citoyens. À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement 2026, l’organisation a déployé une vaste campagne de sensibilisation dans neuf villes du pays afin d’encourager une prise de conscience collective face aux défis climatiques qui affectent déjà les communautés locales.

« La crise climatique n’est plus une menace lointaine, elle est une réalité quotidienne », ont rappelé les volontaires mobilisés sur le terrain.

De Kinshasa à Lubumbashi, en passant par Goma, Bukavu, Kalemie, Kisangani et plusieurs autres centres urbains, la campagne a porté un message unique : l’urgence climatique concerne chaque citoyen, indépendamment de sa province ou de son statut social. À travers des actions de proximité et des initiatives numériques, les militants environnementaux ont cherché à rapprocher les enjeux mondiaux des réalités vécues par les populations congolaises.

« Agir pour le climat commence par comprendre ses impacts dans son propre environnement », ont-ils souligné.

L’une des particularités de cette mobilisation réside dans le choix de la langue. Afin de rendre le message plus accessible, Greenpeace Afrique a privilégié le lingala et le swahili, deux des langues les plus parlées en RDC. Cette approche vise à élargir la participation citoyenne et à éviter que les questions climatiques restent confinées aux cercles spécialisés.

« Une sensibilisation efficace est celle qui parle la langue des communautés », estime l’organisation.

Les volontaires ont rappelé que les effets du dérèglement climatique sont déjà visibles dans plusieurs régions du pays. Inondations récurrentes, érosion des sols, perturbations des saisons agricoles, destruction des écosystèmes et phénomènes météorologiques extrêmes affectent de plus en plus les conditions de vie des populations. Selon les experts environnementaux, l’Afrique demeure l’une des régions les plus vulnérables aux conséquences du réchauffement climatique malgré sa faible contribution historique aux émissions mondiales de gaz à effet de serre.

« Les populations les moins responsables sont souvent les plus exposées », rappellent régulièrement les défenseurs de la justice climatique.

Pour Greenpeace Afrique, la réponse à cette crise passe par une implication accrue des communautés dans les décisions relatives à la protection de l’environnement. L’organisation plaide pour une gestion plus inclusive des ressources naturelles et pour des politiques capables d’accompagner les populations dans leur adaptation aux changements climatiques.

« Les solutions durables ne peuvent être construites sans les communautés concernées », soutiennent les militants écologistes.

Cette campagne intervient alors que la RDC occupe une place particulière dans les débats mondiaux sur l’environnement. Grâce au bassin du Congo, qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale de la planète après l’Amazonie, le pays est souvent présenté comme un acteur stratégique dans la lutte contre le réchauffement climatique. Ses vastes forêts jouent un rôle essentiel dans l’absorption du carbone et la préservation de la biodiversité mondiale.

« Protéger les forêts du Congo, c’est contribuer à protéger l’équilibre climatique mondial », rappellent de nombreuses organisations internationales.

Ces dernières années, plusieurs rencontres internationales consacrées au climat ont mis en avant le rôle central de la RDC dans les stratégies de conservation environnementale. Les autorités congolaises, les partenaires internationaux et les organisations de la société civile ont régulièrement insisté sur la nécessité de concilier protection des écosystèmes, développement économique et amélioration des conditions de vie des populations. Les débats ont notamment porté sur le financement climatique, la préservation des forêts et la participation des communautés locales aux programmes environnementaux.

Au-delà de la sensibilisation, la campagne menée par Greenpeace Afrique pose la question de la transformation des engagements en actions concrètes. Les experts s’accordent à dire que les prochaines années seront décisives pour renforcer les capacités d’adaptation des populations et préserver les ressources naturelles du pays. La réussite de cette ambition dépendra autant des politiques publiques que de l’engagement des citoyens.

« Une seule urgence : agir maintenant », ont martelé les volontaires de Greenpeace Afrique. Un message qui résonne avec une actualité climatique de plus en plus pressante et qui rappelle que la justice climatique ne relève plus seulement d’un idéal, mais d’une nécessité pour l’avenir de la RDC et du monde.

Willy Ulengu Samuanda

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