
La tension reste vive dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont accusé, dans un communiqué publié le 9 juin à Kinshasa, la coalition RDF/AFC-M23, appuyée selon elles par les groupes armés Twirwaneho et RED Tabara, d’avoir mené des attaques à l’aide de drones contre plusieurs positions militaires dans la localité de Mikenge, sur l’axe Fizi-Uvira. Selon l’armée congolaise, ces frappes survenues le 8 juin ont causé des pertes en vies humaines ainsi que des dégâts matériels.
« Les Hauts-Plateaux demeurent l’un des principaux foyers de tension dans l’est de la RDC », souligne une source sécuritaire.
D’après l’état-major général des FARDC, les attaques ont visé plusieurs positions militaires situées dans cette zone stratégique du Sud-Kivu. L’armée affirme que ces opérations s’inscrivent dans un contexte marqué par la persistance des affrontements entre les forces gouvernementales et différents groupes armés actifs dans l’est du pays.
« La sécurisation de cette région reste un défi majeur pour les autorités congolaises », indique le communiqué militaire.
Les FARDC dénoncent ce qu’elles qualifient de nouvelle escalade de la violence dans une région déjà fragilisée par plusieurs années de conflits armés. Selon l’armée, le recours aux drones dans les opérations militaires témoignerait d’une évolution des méthodes de combat observées sur le terrain.
« Chaque nouvelle attaque accroît la vulnérabilité des populations civiles déjà éprouvées par l’insécurité », soutiennent les responsables militaires congolais.
Toutefois, conformément aux principes de rigueur journalistique et de vérification des faits, il convient de préciser que ces accusations proviennent exclusivement des FARDC au moment de la publication de cette information. Aucune réaction officielle de la coalition AFC-M23 ni des autorités rwandaises n’était disponible dans les éléments rendus publics.
« Dans les situations de conflit, la prudence impose de distinguer les faits établis des déclarations des différentes parties », rappellent régulièrement les spécialistes de l’information en zone de guerre.
Cette nouvelle accusation intervient alors que les initiatives diplomatiques visant à réduire les tensions dans l’est de la RDC se poursuivent sous l’égide de plusieurs organisations régionales et partenaires internationaux. Ces derniers mois, plusieurs processus de médiation ont tenté de favoriser un retour au dialogue entre les parties impliquées dans le conflit.
« La solution durable reste avant tout politique et diplomatique », estiment de nombreux observateurs de la région des Grands Lacs.
Sur le plan humanitaire, les conséquences de l’insécurité continuent de peser lourdement sur les populations civiles. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu enregistrent depuis plusieurs années d’importants mouvements de déplacés internes, tandis que les organisations humanitaires alertent régulièrement sur les besoins croissants en matière de protection, de santé et d’assistance alimentaire.
« Les civils demeurent les premières victimes des conflits armés », rappellent les agences humanitaires.
Les Hauts-Plateaux de Fizi, Uvira et Mwenga constituent depuis longtemps une zone sensible où coexistent plusieurs groupes armés locaux et étrangers. Les affrontements récurrents observés dans cette région ont souvent compliqué les efforts de stabilisation entrepris par les autorités congolaises et leurs partenaires. Les questions liées au contrôle du territoire, à la sécurité des populations et au retour de l’autorité de l’État restent au cœur des préoccupations.
Comme lors de précédents incidents signalés dans l’est du pays, cette nouvelle accusation des FARDC risque d’alimenter davantage les tensions sécuritaires dans une région déjà marquée par une forte instabilité. Les prochains développements dépendront notamment des résultats d’éventuelles enquêtes, des réactions des parties mises en cause et de l’évolution des initiatives diplomatiques en cours.
« La paix durable dans l’est de la RDC passera par la réduction de la violence, le dialogue et la protection effective des populations civiles », soulignent plusieurs analystes sécuritaires.
Pour l’heure, les FARDC affirment rester mobilisées pour défendre l’intégrité territoriale du pays et faire face à toute menace contre la souveraineté nationale.
Passy Kabuya