
À Kinshasa, le terrain Copela, poumon communautaire du quartier Tchad dans la commune de Mont-Ngafula, est devenu le théâtre d’un bras de fer foncier qui menace la paix sociale.
La famille de l’ancien général Baramoto revendique aujourd’hui la propriété de cet espace, déclenchant une vive résistance de la part des résidents qui dénoncent une tentative de spoliation manifeste.
« Nous ne laisserons personne s’approprier ce qui appartient au domaine public et à l’usage de nos enfants », martèle un leader communautaire lors d’un rassemblement improvisé sur le site.
La tension est montée d’un cran le vendredi dernier lorsque des militaires de l’auditorat ont interpellé le chef du quartier Plateau 1 Tchad pour une comparution forcée, avant de le relâcher tard dans la soirée. Cette intervention musclée, perçue comme une tentative d’intimidation, a immédiatement alerté les autorités municipales qui refusent de voir le droit bafoué par des intérêts privés.
« Après l’alerte, nous sommes descendus sur le terrain avec le bourgmestre et le président du conseil pour nous enquérir de la situation et protéger les droits de nos administrés », explique l’honorable Péguy Ngolela, conseillère communale de Mont-Ngafula.
L’examen des faits et des registres fonciers disponibles suggère que les prétentions de la famille Baramoto manquent de fondements légaux récents, s’inscrivant dans une série de litiges fonciers qui secouent régulièrement la périphérie de Kinshasa. Ce dossier rappelle étrangement l’affaire des terres de Mitendi, où des particuliers avaient tenté de s’emparer de domaines publics en utilisant des titres de l’époque coloniale ou de la deuxième République.
« La force du droit doit primer sur le droit de la force, surtout quand il s’agit de préserver l’intégrité territoriale de nos communes », souligne une source proche de l’administration foncière.
Face à cette crise, la commune de Mont-Ngafula attend désormais une clarification définitive du ministère des Affaires Foncières pour sécuriser juridiquement le terrain Copela. La vigilance reste de mise, car la résolution de ce conflit servira de jurisprudence pour d’autres espaces menacés dans la capitale, où la pression démographique exacerbe les appétits fonciers.
« Notre combat est celui de la transparence ; nous irons jusqu’au bout pour que le patrimoine de Mont-Ngafula reste aux mains de ses habitants », conclut avec fermeté la conseillère Péguy Ngolela.
Willy Ulengu Samuanda