
Le Congo se donne des airs de bon élève. En marge des Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a enchaîné les rendez-vous avec les pontes de la finance mondiale. C’est dans les tours feutrées de Washington que l’Argentier national est allé défendre les fondamentaux de son pays face à deux juges redoutés des marchés : Standard & Poor’s et Moody’s.
Flanqué de ses conseillers, Doudou Fwamba s’est livré à un exercice de transparence calculée. Objectif : rassurer, séduire, convaincre. Les discussions, nourries et techniques, ont porté sur les performances macroéconomiques de la RDC, les réformes engagées dans la gestion des finances publiques, mais aussi — signe des temps — sur l’impact des politiques économiques de la Maison Blanche sur Kinshasa. Le tout ponctué d’un chapitre stratégique : les minerais critiques, devenus enjeux de sécurité nationale aux yeux de Washington.


À en croire les deux agences, la RDC commence à cocher quelques cases. Elles saluent la stabilité retrouvée du cadre macroéconomique, le renforcement des alliances extérieures, et surtout l’ancrage du pays dans le programme économique piloté par le FMI. Une reconnaissance prudente, mais notable.
Plus inattendu : les agences ont aussi levé le voile sur leur intérêt croissant pour le projet INGA, ce vieux rêve d’hydroélectricité continentale. La collaboration resserrée entre Kinshasa et la Banque mondiale redonne corps à ce géant énergétique en sommeil. Une stratégie « crédible » aurait même été présentée par les autorités congolaises pour garantir la faisabilité financière et technique du projet, selon les mots d’un analyste présent à la réunion.
LUKEKA KALUME