
Dans les salons climatisés des Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale, le ballet diplomatique bat son plein. Et au milieu de ce tourbillon d’agendas et de chiffres, la République Démocratique du Congo s’active. Ce printemps, la Troïka politique congolaise — Finances, Budget, Banque Centrale — a rencontré l’équipe du FMI pour huiler les rouages d’un rendez-vous capital : la première revue du Programme FEC, attendue à Kinshasa du 30 avril au 13 mai.
Sous la houlette du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, flanqué du ministre du Budget Aimé Boji Sangara et de la gouverneure de la BCC Malangu Kabedi Mbuyi, Kinshasa a déroulé son plan de bataille. En face, Callixte Ahokposi, chef de mission FMI, a écouté, noté, recadré.
Sur la table : l’état des critères quantitatifs, les mesures correctrices pour éviter un carton rouge, un cadrage budgétaire sous haute vigilance via un plan de trésorerie revu et corrigé, sans oublier la délicate coordination des chiffres entre le Gouvernement et sa Banque centrale. Le tout dans un contexte que les diplomates appellent pudiquement « volatil », comprendre : insécurité persistante à l’Est.


Mais Kinshasa ne veut pas être réduit à ses plaies. La Troïka a joué la carte de la rigueur. Oui, les critères seront respectés, promet-on. Oui, les repères structurels seront exécutés. Et pour rassurer davantage, trois chantiers ont été mis en vitrine : un nouveau manuel d’exécution de la dépense publique, un début de cure d’austérité avec la réduction du train de vie de l’État — amorcée en avril — et l’accélération des investissements publics comme moteur de la croissance.
À Washington, où la mémoire institutionnelle est tenace, les déclarations d’intention ne suffisent plus. Chaque ligne budgétaire, chaque mesure de politique monétaire sera scrutée par les experts du FMI. Mais la posture de Kinshasa se veut claire : engagement, discipline, anticipation.
« Nous ne sommes plus dans la promesse, mais dans l’action concrète », glisse un haut cadre congolais dans les coulisses.
Dans les faits, la RDC joue gros. Réussir cette première revue, c’est garder ouverte la ligne de crédit du FEC, maintenir la confiance des partenaires et offrir un semblant de prévisibilité à une économie sous tension.
LUKEKA KALUME