
Du 29 mai au 1er juin 2026, trois experts du Conseil pour la Terre, l’Innovation et le Développement Durable (CTIDD) participent à une rencontre stratégique à Brasilia. Organisé par RRI et PACT, cet atelier vise à redonner aux peuples autochtones et aux femmes le pouvoir de définir leurs propres priorités de développement par la recherche.
Brasilia devient, le temps d’un sommet, le centre névralgique de la souveraineté intellectuelle des peuples de la forêt. Depuis ce 29 mai 2026, une délégation du CTIDD, organisation phare de la société civile congolaise, prend part à un atelier international de haute volée sous l’égide de Rights and Resources Initiative (RRI) et de la Pathways Alliance for Change and Transformation (PACT). L’objectif est clair : transformer des concepts théoriques en projets concrets de terrain. « Il ne s’agit plus de faire de la recherche sur les communautés, mais de permettre aux communautés de conduire leur propre recherche », explique l’un des participants, soulignant l’importance de ce changement de paradigme pour la gestion des ressources naturelles en RDC.
Ce rendez-vous de Brasilia marque le lancement d’un parcours d’apprentissage intensif d’une année. Durant quatre jours, les représentants du CTIDD et leurs pairs internationaux travaillent à l’élaboration de plans de mise en œuvre rigoureux. L’accent est mis sur l’inclusion radicale : les peuples autochtones, les communautés locales et les personnes d’ascendance africaine sont placés au cœur du dispositif. Comme le rappelle une note de cadrage de l’alliance PACT : « L’autonomisation réelle passe par la maîtrise de l’information et des données par les détenteurs de droits eux-mêmes. » Cette approche vise à briser les vieux schémas où les priorités de développement étaient dictées par des centres de décision éloignés des réalités forestières.
L’implication des femmes et des jeunes constitue le pilier central de cette dynamique de transformation sociale. En participant à la construction d’une « communauté de pratique » mondiale, le CTIDD renforce sa capacité à influencer les politiques publiques en République démocratique du Congo. L’enjeu est de taille : valoriser les savoirs ancestraux tout en les intégrant dans des méthodologies scientifiques modernes. « La recherche locale est le levier qui permettra aux femmes rurales de devenir des actrices incontournables de la gouvernance foncière », affirme un expert du CTIDD présent au Brésil, illustrant la volonté de l’organisation de ne laisser personne de côté.
Cet atelier s’inscrit dans la continuité directe du Sommet RRI sur les moyens de subsistance, tenu précédemment, qui avait déjà jeté les bases d’une solidarité transcontinentale entre les bassins de l’Amazone et du Congo. En confrontant les expériences brésiliennes et congolaises, le CTIDD affine ses stratégies pour les mois à venir. Les perspectives d’avenir sont désormais tracées : après Brasilia, une phase d’incubation de douze mois permettra de déployer ces projets de recherche-action sur le sol congolais. Ce pont jeté entre l’Amérique latine et l’Afrique centrale pourrait bien redéfinir les standards de la conservation communautaire et du développement durable pour la décennie à venir.
Willy Ulengu Samuanda