
Le rétablissement de l’autorité de l’État en Ituri ne peut plus attendre, et c’est avec cette urgence que le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a officiellement tracé le chemin pour le nouveau gouverneur militaire. En recevant le Général-Major Gaby Kasongo ce mardi à Kinshasa, le patron de la sécurité nationale a voulu marquer une rupture par l’action, rappelant que « la mission prioritaire reste la protection absolue des civils et la fin de l’activisme des groupes armés dans cette partie du pays ». Cette rencontre de prise de contact s’est rapidement transformée en une séance de travail stratégique, où chaque mot d’ordre visait à stabiliser une province sous état de siège depuis mai 2021.
Le nouveau chef de l’exécutif provincial, nommé par le Président Félix Tshisekedi, arrive dans un contexte de fragilité extrême où les attentes des populations locales dépassent désormais les simples promesses administratives.
« Je mesure l’ampleur de la tâche et l’exigence de résultats que le peuple iturien attend de nous », a confié le Général-Major Kasongo lors de cet échange décisif.
Pour Jacquemain Shabani, l’enjeu est double : il s’agit non seulement de neutraliser les forces négatives, mais aussi de redonner un visage humain à l’administration militaire en place.
Cette passation de consignes intervient après une évaluation rigoureuse de l’état de siège, un dispositif qui a montré ses limites et qui nécessite aujourd’hui un souffle nouveau et une approche plus pragmatique sur le terrain. Les observateurs se souviennent que les précédents mandats avaient été marqués par des appels incessants à une meilleure coordination entre l’armée et les services de renseignement. À l’avenir, la réussite du Général-Major Kasongo dépendra de sa capacité à transformer ces orientations en victoires concrètes, tout en préparant le terrain pour une éventuelle transition vers une gestion civile apaisée.
Christivie Nyamabu