Kasaï-Central | À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, 50 journalistes formés à l’écriture radiophonique à l’ère des NTIC

L’innovation technologique n’éclipse pas les défis sécuritaires à Kananga. À l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, célébrée chaque 3 mai, le studio Tshiondo tshia Kasaï a réuni une cinquantaine de journalistes pour un atelier sur les mutations de l’écriture radiophonique à l’ère du numérique. Un moment de réflexion collective, mais aussi de dénonciation des entraves persistantes à la liberté d’informer, notamment dans l’Est du pays.

Dans la salle CEICA du chef-lieu provincial, les professionnels des médias ont répondu présents à l’appel de Jeff Mbuyi, directeur du studio organisateur. À travers le thème « L’écriture radiophonique face à l’évolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication », les participants ont abordé l’urgence de se réinventer dans un environnement médiatique en pleine mutation.

En ouverture, Jeff Mbuyi a rappelé le sens profond de cette journée, instituée par les Nations Unies : une journée de réflexion pour les professionnels de médias sur les questions relatives à la liberté de la presse et à l’éthique professionnel.

Une réflexion vite teintée de gravité lorsqu’il évoque la situation dramatique des journalistes dans l’Est du pays, soumis aux menaces et exactions des groupes armés, notamment du M23, soutenu par le Rwanda.

« Nous commémorons cette journée pendant que plusieurs journalistes de l’Est du pays exercent leurs métiers dans les conditions les plus difficiles. Ils ne peuvent pas diffuser les informations de notre pays par peur de représailles ou encore d’être tués par les rebelles du M23 AFC soutenus par le Rwanda qui occupe illégalement nos terres pendant plusieurs mois », a-t-il déploré, en appelant à une minute de silence à la mémoire des reporters tombés dans l’exercice de leur fonction.

Présidée par le ministre provincial de la Communication et porte-parole du gouvernement, Pierrot Mutela, la cérémonie a été l’occasion d’un engagement public en faveur d’un espace médiatique plus libre.

« Je réitère mon soutien et m’inscris dans la vision du gouverneur Joseph-Moïse Kambulu : faire du Kasaï-Central une province d’excellence et dans laquelle la liberté et l’indépendance de la presse ne sont plus un mythe », a-t-il déclaré.

Plusieurs figures de la presse locale, dont François Kadima, Chrispin Phocas Mulumba Mayimbu, Van Frédéric Tshilanda et Maître Jacques Nkole, sont intervenues pour enrichir les débats. Leur message : conjuguer rigueur professionnelle et adaptation aux outils numériques pour garantir une information de qualité, même dans les zones les plus reculées.

La présence remarquée d’Adely Kabasubabu, président national de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), a donné un poids institutionnel à la rencontre, qui s’est conclue par des échanges ouverts entre journalistes, formateurs et responsables politiques.

 

ANASTASIE MIMBOLO

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