
Le drame s’est noué dans l’obscurité de ce jeudi matin à Lubumbashi, lorsqu’un individu a succombé à une décharge électrique sur un pylône de la SNEL. La victime faisait partie d’un groupe de six personnes ayant pris pour cible la ligne de 50 kilovolts reliant le répartiteur Sud au poste de l’UNILI.
« La quête du cuivre ne devrait jamais valoir le sacrifice d’une existence humaine », a déploré un technicien de la société d’électricité dépêché sur les lieux du drame.
L’opération de vandalisme, entamée aux alentours de 3 heures du matin, a tourné au cauchemar pour ce présumé voleur, abandonné par ses complices en fuite après l’accident. Malgré l’arrivée des secours, l’homme a rendu son dernier soupir vers 8 heures, victime de la puissance dévastatrice des lignes haute tension.
« La foudre artificielle de nos installations ne pardonne aucune imprudence, encore moins le sabotage », rappelle avec gravité un responsable local de la SNEL.
Cet incident tragique met une nouvelle fois en lumière la vulnérabilité des infrastructures énergétiques face à des réseaux de vol de métaux de plus en plus audacieux. Au-delà de la perte humaine, ces actes de sabotage privent des quartiers entiers d’électricité, paralysant l’économie locale et les services essentiels.
« Chaque câble sectionné est une blessure infligée au développement de notre ville », souligne un leader communautaire exaspéré par ces coupures répétées.
La direction de la SNEL multiplie les appels à la vigilance et à la protection citoyenne des équipements publics, souvent installés dans des zones isolées. La société d’État insiste sur le fait que s’attaquer à de telles infrastructures relève d’une mise en danger délibérée de sa propre vie et de celle d’autrui.
« La sécurité électrique est l’affaire de tous, car le danger n’a pas de visage mais des conséquences définitives », martèle le communiqué de presse de l’entreprise.
Ce drame fait écho à une série de sabotages similaires signalés l’an dernier dans la ceinture minière, où le vol de cuivre avait causé des blackouts prolongés. À l’époque, les autorités provinciales avaient promis un renforcement des patrouilles autour des sites stratégiques, une mesure qui peine visiblement à décourager les contrevenants.
« Nous avons déjà vu ces scénarios se répéter, mais l’éducation au danger reste notre maillon faible », regrette un expert en sécurité industrielle.
Les mesures préventives reposent désormais sur une sécurisation accrue des pylônes et une sensibilisation accrue des populations riveraines pour dénoncer les mouvements suspects. La police scientifique a ouvert une enquête pour identifier les complices en fuite et démanteler la filière de recel derrière ce vol avorté.
Comme le résume un habitant du quartier Sud, « la lumière reviendra, mais cette vie, elle, est éteinte pour toujours par simple cupidité ».
Willy Ulengu Samuanda