
Le drapeau de la République démocratique du Congo flotte à nouveau sur Minembwe-Centre depuis la soirée du mercredi 17 juin 2026. À l’issue d’affrontements d’une rare intensité, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont réussi à déloger l’armée rwandaise (RDF) et ses supplétifs de la coalition M23/Twirwaneho-Red Tabara.
« La reprise de ce verrou stratégique marque une étape décisive dans la restauration de l’autorité de l’État au Sud-Kivu », confie une source sécuritaire sur place.
La victoire s’accompagne toutefois d’un constat amer sur le plan humanitaire. Dans leur fuite désordonnée vers le village de Kawera, les assaillants ont pratiqué la politique de la terre brûlée, incendiant des habitations et bombardant l’hôpital de référence de Minembwe. « Voir des infrastructures de santé visées témoigne du mépris total des assaillants pour la vie humaine », déplore un membre de la société civile locale, encore sous le choc des exactions commises.
Face à la puissance de feu des troupes régulières, les forces coalisées ont entamé un repli stratégique périlleux vers le territoire de Walungu. Pour échapper à la capture, certains combattants ont abandonné leurs uniformes pour se fondre dans la population civile, une tactique de dissimulation qui complique la tâche des libérateurs.
« L’ennemi tente de disparaître dans la masse, mais notre détermination à assainir la zone reste inébranlable », affirme un officier engagé dans les opérations Sukola 2.
Le bilan matériel de cette offensive est significatif pour l’armée républicaine, qui a mis la main sur un arsenal conséquent. Outre la capture de plusieurs rebelles, les FARDC ont récupéré des munitions de guerre et des armes de divers calibres, affaiblissant ainsi les capacités de nuisance de la coalition dans la région. « Chaque arme saisie est une menace de moins pour nos mères et nos enfants », souligne un porte-parole militaire lors d’un premier briefing.
Ces événements rappellent les tensions persistantes de 2024 et 2025, où les Hauts-Plateaux avaient déjà été le théâtre de cycles de violences cycliques entre groupes armés locaux et influences étrangères. À l’époque, la communauté internationale avait maintes fois appelé à un dialogue inclusif, mais la réalité du terrain impose aujourd’hui une réponse sécuritaire ferme.
« Nous ne faisons que parachever un travail de sécurisation entamé depuis des mois », rappelle un analyste des conflits dans la région.
L’heure est désormais au ratissage et à la consolidation des positions pour éviter tout retour offensif de la coalition RDF/M23. Les perspectives d’avenir dépendent maintenant de la capacité du gouvernement à maintenir une présence administrative et sociale durable dans cette zone enclavée. Comme le soulignent souvent les observateurs de la région, « la paix à Minembwe ne sera pérenne que si le fusil cède définitivement la place aux projets de développement communautaire ».