
La République démocratique du Congo veut donner une nouvelle impulsion à sa coopération avec l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) tout en renforçant la protection de ses ressortissants vivant en Afrique du Sud. Réuni vendredi à Pretoria avec l’ambassadeur de la RDC en Afrique du Sud, John Nyakeru Kalunga, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a placé ces deux dossiers parmi les priorités de l’action diplomatique congolaise.
Cette rencontre stratégique intervient dans le cadre de la mission menée par Julien Paluku en sa qualité de représentant personnel du président Félix Tshisekedi auprès de l’AUDA-NEPAD, l’institution de l’Union africaine chargée de promouvoir les programmes de développement du continent.
« La RDC doit pleinement tirer profit des mécanismes africains de développement », a souligné le ministre au cours des échanges.
Au cœur des discussions figurait l’ouverture prochaine d’un bureau de l’AUDA-NEPAD à Kinshasa. Cette implantation est perçue comme une étape importante pour rapprocher l’agence continentale des réalités congolaises et faciliter l’exécution des projets économiques et sociaux soutenus par l’Union africaine.
« Le rapprochement institutionnel permettra une meilleure coordination des programmes de développement », estiment plusieurs observateurs des politiques d’intégration régionale.
Pour le gouvernement congolais, cette représentation locale devrait également accélérer l’accès aux opportunités de financement, améliorer le suivi des projets et renforcer la participation de la RDC aux initiatives continentales en matière d’infrastructures, d’intégration économique et de transformation structurelle. Situé à Centurion, près de Pretoria, le siège de l’AUDA-NEPAD constitue aujourd’hui un partenaire stratégique pour plusieurs États africains engagés dans des programmes de modernisation.

Dans cette dynamique, Julien Paluku a invité l’ambassade de la RDC en Afrique du Sud à jouer un rôle actif de facilitateur entre Kinshasa et les instances dirigeantes de l’AUDA-NEPAD. Selon lui, la diplomatie congolaise doit être davantage orientée vers l’accompagnement des priorités économiques nationales.
« Les missions diplomatiques doivent devenir des instruments de développement et de promotion des intérêts du pays », a-t-il insisté.
Les échanges ont également porté sur la situation préoccupante de certains ressortissants congolais vivant en Afrique du Sud et confrontés à des actes de xénophobie. Le ministre a salué les démarches entreprises par la mission gouvernementale déployée sur place afin d’identifier les victimes et de proposer des réponses adaptées à leurs difficultés.
« Aucun Africain ne devrait être victime de discrimination sur le continent africain », a-t-il rappelé.
La question de la xénophobie demeure en effet un sujet sensible en Afrique du Sud, où plusieurs vagues de violences contre des ressortissants étrangers ont été enregistrées ces dernières années. Des organisations internationales et africaines ont régulièrement appelé à une coopération renforcée entre les États afin de prévenir ces incidents et de protéger les communautés migrantes. Pour Kinshasa, la défense des citoyens congolais à l’étranger reste une responsabilité diplomatique majeure.
Au-delà de ces dossiers, Julien Paluku a profité de son séjour à Pretoria pour saluer les efforts engagés dans la modernisation de l’ambassade congolaise. Selon lui, les travaux réalisés traduisent la volonté des autorités de renforcer la qualité de la représentation extérieure de la RDC et d’améliorer les conditions de travail du personnel diplomatique.
« Une diplomatie efficace passe aussi par des infrastructures à la hauteur des ambitions nationales », a-t-il déclaré.
Cette modernisation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à accroître l’influence de la RDC sur la scène africaine. Le gouvernement mise notamment sur l’intégration régionale, le développement des échanges commerciaux dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et le renforcement des partenariats avec les institutions de l’Union africaine pour soutenir sa croissance économique.
Ces avancées prolongent plusieurs initiatives déjà engagées par Kinshasa pour renforcer sa présence au sein des mécanismes continentaux. Depuis son accession à la présidence de l’Union africaine en 2021, le président Félix Tshisekedi a régulièrement plaidé pour une intégration économique plus poussée du continent et une meilleure coordination des politiques de développement. L’ouverture annoncée du bureau de l’AUDA-NEPAD à Kinshasa apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans cette stratégie d’ancrage africain.

Les autorités congolaises espèrent que ce rapprochement avec l’AUDA-NEPAD contribuera à attirer davantage d’investissements, à accélérer la réalisation de projets structurants et à renforcer la place de la RDC dans les grands programmes de développement de l’Union africaine. Parallèlement, le suivi de la situation des Congolais établis en Afrique du Sud restera un test important de la capacité des institutions nationales à protéger leurs citoyens au-delà des frontières. Une double ambition qui traduit la volonté de Kinshasa de conjuguer diplomatie économique et protection de ses ressortissants dans un contexte africain en pleine mutation.
Dan Banze Lwaba