
Le Vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a achevé ce mercredi 17 juin une tournée d’inspection stratégique dans le Sankuru, marquée par le constat alarmant de l’arrêt des travaux du pont Manda à Lodja et une immersion auprès des agricultrices de Lubefu.
Ce périple, qui l’a mené des chantiers interrompus aux terres natales de Patrice Lumumba, visait à évaluer les freins structurels qui asphyxient les échanges commerciaux entre Lodja, Katako-Kombe et Lusambo.
« Le développement économique ne se décrète pas depuis les bureaux de Kinshasa, il se palpe ici, au pied de ces ouvrages qui doivent relier nos producteurs aux marchés », a martelé le ministre lors de son passage sur la rivière Lokenye.
L’étape de Lodja a révélé l’urgence d’une reprise des travaux sur le pont Manda, une infrastructure dont la paralysie actuelle freine l’évacuation des produits agricoles vers le chef-lieu de la province. Conscient que l’économie nationale repose sur la fluidité de ces artères provinciales, Daniel Mukoko Samba a ensuite mis le cap sur Tshumbe, dans le territoire de Lubefu. En inspectant le pont Lotembo, qui assure la jonction avec Wembo-Nyama, le patron de l’Économie a pris la mesure des attentes de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et des forces vives locales.
« Sans ponts fonctionnels, le Sankuru reste une île de richesses inaccessibles », a confié un représentant de la société civile au ministre, soulignant l’importance vitale de cet axe pour le commerce intérieur.
Au-delà de la pierre et du béton, c’est l’humain qui a marqué cette mission, notamment lors d’une halte impromptue dans le village de Watambolo. Le Vice-Premier ministre s’y est arrêté pour échanger avec des collectifs de femmes agricultrices qui, malgré un dénuement technique criant, maintiennent l’économie locale à bout de bras. Touché par leur résilience, Daniel Mukoko Samba a débloqué un soutien immédiat pour renforcer leurs capacités de production.
« Ces femmes sont les véritables sentinelles de notre souveraineté alimentaire », a-t-il déclaré, rappelant que le soutien à l’entrepreneuriat féminin rural est l’un des piliers de la vision gouvernementale en faveur d’une croissance inclusive.
La tournée s’est achevée sur une note symbolique et mémorielle à Onalua, devenue Lumumba-Ville. En se recueillant devant la maison historique du Héros national, le ministre a lié les défis actuels du Sankuru à l’héritage de Patrice Emery Lumumba, rappelant que l’indépendance politique est indissociable de l’indépendance économique. Ce déplacement fait écho aux précédents engagements gouvernementaux en faveur de la modernisation des zones rurales, mais il ouvre surtout une perspective nouvelle : celle d’une intégration économique du Sankuru par la réhabilitation prioritaire des infrastructures de franchissement, condition sine qua non pour que la province sorte enfin de son isolement chronique.
Willy Ulengu Samuanda